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16/02/2025
Silae informe ses clients d'une hausse de ses tarifs
Silae informe ses clients par lettre de son augmentation
Pour comprendre, il faut remonter au 30 septembre dernier. Par courrier recommandé, Silae, éditeur de logiciels de solutions RH et comptabilité, informe ses clients d'une augmentation de ses tarifs pour 2025. Alors que l'éditeur facture entre 2 et 3 euros le bulletin de paie, son tarif grimpera autour des 7 euros au 1er janvier 2025. Cette augmentation est justifiée par de nouveaux services complémentaires. "Des services que nous avons déjà par ailleurs", regrette un expert-comptable. Et ce dernier de dénoncer également le temps trop réduit entre l'annonce et l'augmentation : "En trois mois, nous n'aurons pas le temps de trouver une solution".
La nouvelle fait l'effet d'une douche froide à l'ouverture du courrier dans les cabinets d'expertise-comptable. Et ils sont nombreux à travailler avec Silae. En quelques années Silae est devenu un éditeur de référence. "Silae équipe aujourd'hui 80 % des cabinets d'expertise-comptable", rappelle un membre du bureau de l'Ordre national. Silae traite autour de 7,5 millions de bulletins par mois. Une rente pour cette entreprise sur laquelle a misé un fonds d'investissement américain.
"On a un éditeur en position dominante. On en est tous responsables. On est tous allés volontairement chez Silae car l'éditeur commercialisait le meilleur outil", a reconnu, lors d'une conférence de presse ce 9 octobre, Cécile de Saint-Michel, la présidente du Conseil national de l'Ordre des experts-comptables.
Quel rôle entre l'Ordre et les syndicats face à Silae ?
Si dans les allées du salon tout le monde parle de cette augmentation, "ce n'est pas à l'Ordre d'intervenir. Le rôle de l’Ordre est le régalien. On est là pour vérifier et édicter les normes et les règles professionnelles", a souligné Cécile de Saint-Michel. "Nous sommes dans une économie de marché et chaque société décide de sa politique commerciale", a t-elle ajouté.
Et la présidente du Conseil national de l'Ordre des experts-comptables de se tourner en direction d'ECF ou de l'IFEC : "La profession a des syndicats, qui sont là pour défendre les professionnels. Les syndicats se sont emparés du dossier".
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En effet, l'IFEC a menacé Silae d'une action devant l'autorité de la concurrence. Pour la journée d'ouverture du congrès, l'IFEC a même manifesté devant le stand de Silae. De son côté, ECF a proposé la création d'un collectif. Une rencontre a même été organisée entre Jean-Luc Flabeau, d'ECF et Laure Martin-Tervonen de Silae. Cette double action se fait également dans le cadre d'une campagne, alors que l'ordre national renouvelle ses instances et sa présidence d'ici quelques semaines.
Alain Gargani, président de la CPME Sud, par ailleurs candidat à la présidence nationale de la CPME, a profité de ce congrès marseillais pour rencontrer Thomas Bourgeois, le directeur général de Silae. Alain Gargani a souligné que "les conséquences financières des augmentations fragiliseront les TPE/PME qui sont déjà en difficulté financière".
Faire vivre la concurrence entre éditeurs de logiciels de paie
"Silae est libre de faire ce qu’il veut. Il faut trouver des solutions alternatives. Peut-être que cette augmentation des tarifs de Silae est un bien pour un mal", ajoute Farouk Boulbahri, un des quatre rapporteurs du congrès de Marseille.
"Notre profession a déjà connu d'autres augmentations tarifaires. Sur ce congrès, nous avons d'autres éditeurs de paye. Il y en a une dizaine. Je ne peux qu’inviter et inciter les professionnels à se saisir du guide édité par l'Ordre sur les logiciels de paie. Si on n’aide pas les autres éditeurs de paie à grandir, en les faisant travailler, nous allons rester dans cette situation de monopole et de quasi dépendance. Il faut refaire vivre la concurrence", a incité Cécile de Saint-Michel.
"On peut changer de solution de paie. Nos équipes ont perdu de la compétence sur le social. Mais les solutions dépendent de nous. On doit se prendre main", a lancé Farouk Boulbahri.